Focus GLRB

LA LOGE DE RECHERCHE

            Dans divers articles de cette rubrique tels « Les symboles en franc-maçonnerie » ou « Le soutien des rituels en franc-maçonnerie » nous avons démontré implicitement que l’essence de la Maçonnerie régulière est l’initiation. Le but étant que chaque membre devienne progressivement un homme bonifié en esprit et en actes. Verlaine écrivit justement : Il faut toujours être meilleur que l’homme que l’on voudrait être[1] »

Le fonctionnement d’une Loge s’exerce selon le principe de la sélection par cooptation[2]. Mais un Atelier ne peut matériellement procéder à des cérémonies initiatiques à chacune de ses réunions. Le travail maçonnique inclut donc la présentation de conférences que nous nommons « planches[3] » ; effort de l’esprit profitable à tous les participants.

Une des sources d’inspirations des Frères est la Loge de Recherche par le biais de ses publications. La plus célèbre d’entre-elles et la plus ancienne est la Loge Quatuor Coronati[4] sous l’obédience de la Grande Loge Unie d’Angleterre. Elle fut créée en 1884 sous le numéro matricule 2076 du Tableau des Loges et se réunit la première fois le 12 janvier 1886. Elle publie un recueil annuel Ars quatuor coronatorum dont les articles sont de haute qualité. Pour ce faire, elle dispose d’un cercle de correspondants de plus ou moins 5.200 membres répartis dans le monde. Lesquels ne sont pas nécessairement francs-maçons.

En toute logique les autorités de la Grande Loge Régulière de Belgique consacrèrent une Loge de Recherche en 1993 sous le nom distinctif Ars Macionica n° 30. Contrairement aux autres Loges, elle n’initie pas et ne reçoit en son sein que des maîtres-maçons belges ou étrangers ayant écrit des articles dans des revues spécialisées ou ayant rédigé des livres maçonniques[5]. Ses travaux en /français/ Nederlands / English / se concentrent sur des études symboliques, philosophiques et historiques en rapport avec la franc-maçonnerie. Tous les ans, elle édite un livre Acta Macionica. Ces ouvrages sont, entre autres, acquis par les bibliothèques des Loges. Tout Frère peut les consulter et s’en inspirer pour présenter un exposé ou pour approfondir les connaissances qui lui tiennent à cœur.

Que contiennent ces volumes ?

Deux thématiques principales sont développées : d’une part des comptes-rendus de conférences présentées en Loge : « Les livres maçonniques d’hier et d’aujourd’hui » De allusieve methode » et d’autre part des études diverses : « Les mouvements anti maçonniques en Grèce » « Les francs-juges une organisation para maçonnique française » « Maçonnieke spiritualiteit en cultuur » « Op het spoor van Wijsheid – Kracht – Schoonheid[6] ».

En conclusion les Loges de Recherche[7] participent activement à la progression réflexive et spirituelle des Frères tant à titre individuel qu’au niveau de la communauté fraternelle d’un Atelier. Ainsi que le soulignait Jean-Jacques Rousseau « L’entendement une fois exercé à la réflexion ne peut plus rester en repos[8] ».

Pistis, maître-maçon.

 

[1] Verlaine, Épigrammes, Prologue II.

[2] Cela reste aujourd’hui la règle même si la progression d’internet et du web encourage un nombre croissant de candidatures spontanées.

[3] Pour rappel, en Maçonnerie régulière où les discussions politiques ou religieuses sont interdites en Loge, il n’est jamais abordé de sujet sociétal.

[4] Les Quatre Couronnés.

[5] Depuis quelques années les conférences de cette Loge sont ouvertes aux Frères et aux Sœurs des autres obédiences belges.

[6] Exemples choisis dans l’Acta Macionica de 1999.

[7] Citons encore la Loge de Recherche Villard de Honnecourt de la Grande Loge Nationale Française créée en 1964.

[8] J-J Rousseau, Émile, IV.