Comment la franc-maçonnerie peut-elle faire d’un homme bon un homme meilleur?

Par la pratique de la voie symbolique …

Tableau de loge GLRBConsidérant que chacun est perfectible, la franc-maçonnerie déploie une méthode accessible à tout homme en recherche qui éprouve le désir sincère et manifeste la volonté certaine de se perfectionner. Cette méthode repose essentiellement sur la pratique de la voie symbolique et l’exécution de rituels inspirés des métiers ancestraux de la construction.

Sur ce chemin que l’on peut qualifier de “spirituel”, elle l’encourage à découvrir et à mettre en œuvre ses propres virtualités par un long travail intime dont le rite maçonnique sera le révélateur.

Elle appelle au travail sur eux-mêmes tous ceux qu’elle initie et s’abstient dans toute la mesure du possible de leur communiquer tout savoir prédéterminé, quel qu’il soit.

Le travail individuel auquel se livre le maçon s’alimente d’activités en commun sur un mode interactif dans une atmosphère chaleureuse et fraternelle, à la faveur des “tenues”, autrement dit des réunions articulées selon des écrits de référence consignés en grades distincts sous la forme de rituels.

Le travail du maçon consiste dans ce contexte à “tailler sa pierre”, c’est-à-dire lui-même, de manière si parfaite qu’elle s’insère harmonieusement dans le chantier

… et de rituels éprouvés

Les rituels viennent à l’appui du récit qu’ils mettent en scène. Ils livrent un guide à la réflexion, en proposant des points de repère ainsi qu’une ligne de conduite. Ils offrent des possibilités innombrables d’interpréter, d’actualiser et de projeter dans le futur les messages dont sont porteurs la narration et les symboles, à l’aune desquels l’on s’interroge sur soi comme sur l’univers qui nous entoure.

Le candidat est incité par le rite lui-même et par la démarche symbolique qui le sous-tend à se délivrer d’entraves psychologiques, idéologiques ou autres. Ainsi se dessine pour lui la perspective d’une réalisation personnelle sans cesse renouvelée.

Tout rituel unit la communauté qui le pratique mais en outre, il favorise en chacun un élan affectif tel qu’il met en œuvre, avec la force de l’émotion, les ressorts de l’inconscient.

Le travail de toute une vie…

L’initiation se poursuit durant toute une vie, les rituels et le symbolisme continuant à inspirer chaque maçon tant qu’existe en lui le désir de se dépasser.

La méthode précédemment décrite préserve et entretient la liberté de conscience et la liberté de pensée. Elle ne fait jamais l’impasse sur le respect des valeurs humaines et morales universelles, dont elle assure une promotion soutenue. Basée sur les outils de pensée et d’épanouissement personnels non contraignants qui lui sont offerts par la voie symbolique, elle appelle une discipline de conduite

 

Qu’est-ce que la voie symbolique?
Définir le symbole par son étymologie grecque est une manière simple de le décrire. Le terme “symbole” dérive du verbe grec “symballein” qui signifie réunir, mettre ensemble. Le symbole est donc un signe d’union, de regroupement, par opposition au verbe “diaballein” qui signifie “séparer, disjoindre” et d’où dérive le mot “diable” …

Les symboles ouvrent véritablement l’esprit humain à la dimension métaphysique de l’être, de même qu’ils permettent à l’individu d’entrer dans le monde de son imaginaire. Ils peuvent mettre l’individu en contact avec l’Inconscient par la puissance d’évocation et d’approfondissement qu’ils renferment. C’est en cela que la voie symbolique peut aider l’homme à “se retrouver” …

Le symbole est un objet, un mot, un geste ou une image susceptible d’évoquer une idée ou un concept non directement visible et dès lors sujet à interprétation selon la personnalité, la culture et le vécu propres de l’interprétant. Sa grande qualité est qu’il permet d’exprimer des choses très complexes de manière très simple.

L’interprétation des symboles n’est pas soumise aux règles classiques de la rationalité: la méditation et la réflexion sur les symboles laissent à l’individu une très grande liberté d’évocation, d’exploration et de questionnement sur lui-même, sur le monde qui l’entoure et plus globalement sur l’univers et les grandes questions qui le préoccupent.

La combinaison d’un grand nombre de symboles exposés au ressenti et à la réflexion du maçon durant les réunions rituelles -sur les plans sonore et visuel notamment- contribue à la création d’un “espace” propice au travail sur soi. C’est ainsi que les maçons qualifient cet espace de “sacré”.

 

personnelle ainsi que le respect d’autrui, la reconnaissance de ses droits, l’acceptation de sa différence. Rien de ce qui se fait en loge n’est contraire aux bonnes mœurs ni à la tolérance la plus rigoureuse, tout y demande le respect des règles et des institutions dont le maçon fait partie ou se réclame. Expressément, les textes constitutifs des organisations maçonniques traditionnelles obligent d’ailleurs les maçons à une parfaite loyauté à l’égard de leur pays et de ses autorités légitimes.

Secret ou discrétion?

Le travail maçonnique se déroule à l’abri des regards et de l’écoute du monde extérieur, dans la discrétion dont cette démarche personnelle a besoin de s’entourer, comme tout processus initiatique qui ne peut que se vivre et n’est destiné ni à se raconter ni à se donner en spectacle. En maçonnerie, le droit de tout homme d’avoir son “jardin secret” au sens positif du terme est soigneusement préservé. Ainsi, l’un des devoirs maçonniques est la discrétion sur ce qui se fait et se dit en loge.

La franc-maçonnerie n’a d’autre secret que celui inhérent à la méthode initiatique elle-même. Aucun “secret” n’est révélé aux initiés, ni plan occulte de transformation du monde, ni enseignement théologique, ni clé mystique de l’homme ou du monde. Ne détenant aucun secret de ce genre, la franc-maçonnerie serait bien incapable de le communiquer à ses membres.

Seule l’expérience maçonnique même tient du secret. Encore est-il incommunicable, parce qu’inexprimable. Aucun livre, aucun récit, aucun rituel, aucun témoignage ne peut le livrer. En effet, reçu et vécu différemment par chacun, le message initiatique n’est susceptible d’aucune interprétation univoque, commune à tous. C’est peut-être là l’aspect de la franc-maçonnerie le plus mystérieux aux yeux de ceux qui n’en font pas partie…

Chaque maçon vit le secret maçonnique dans son for intérieur. Le voudrait-il qu’il ne pourrait le révéler, pas plus qu’il ne pourrait exprimer son être profond, le mystère de sa personne, car les mots feraient défaut pour ce faire.

Cette discrétion à laquelle s’engagent entre eux les maçons leur offre aussi la garantie que leur parcours individuel leur restera parfaitement personnel autant qu’ils le souhaiteront. Il est toutefois normal et même souhaitable que leurs proches soient au courant de leur engagement et l’approuvent. Par contre, les francs-maçons évitent la référence à cette qualité lors d’éventuelles interventions publiques.

Si elle n’est pas une société secrète, la franc-maçonnerie est cependant une société discrète, qui se protège exactement comme tant de groupes humains qui réservent leur accès à leurs membres. Il paraît d’ailleurs préférable à certains de taire leur qualité de maçon au vu de l’opprobre qu’a connu la maçonnerie de la part de certains pouvoirs et sous certains régimes, notamment durant la Deuxième Guerre Mondiale, qui a fait nombre de victimes dans ses rangs.