LE SOUTIEN DES RITUELS EN FRANC-MAÇONNERIE. (2e partie)

Dans la première partie de cet article nous exprimions que l’on n’obtient pas quelque chose pour rien. C’est une évidence car tout humain se sent un par le nom qui l’identifie et par son expérience du  « je » et du « moi » dont il ne cesse de faire usage. Il est donc conscient de sa multiplicité en ce sens qu’il se sait multiple en ses aspirations.  Par contre, nombre d’entre nous ne réalisent pas (ou confusément) qu’il y a enfoui en un coin de notre  « soi » une nostalgie du perfectionnement intérieur.

La pratique répétitive des rituels permet au Frère qui en a la volonté de s’unifier en s’acheminant progressivement vers une globalisation des facettes de sa personnalité. Il réalise alors une victoire sur soi-même dont le résultat sera la conquête de l’autonomie véritable ; clé d’accession à un état, que faute de terme explicite, nous pourrions qualifier de « supra conscience ».

Il faut, toutefois, garder à l’esprit que la compréhension d’un symbole demeure invariablement une approche personnelle. De fait, le symbole ne porte pas un sens immuable d’individu à individu car seule l’expérience vécue au plus profond de nous en éclaire notre vision. Comme l’a écrit le Très Illustre Frère Raoul Berteaux ; je cite : C’est pourquoi les symboles universels n’ont de sens que ceux que la personnalité est capable de découvrir[1]

Ainsi chaque Franc-maçon peut développer une formation qui lui est propre et privilégier des enseignements découlant de son présent continu [c’est-à-dire les liens entre son passé, son ici-maintenant et les synthèses qu’il en tire pour influer son avenir]. Dans cette optique les rituels ne se limitent pas à une explication symbolique générale mais se caractérisent par des mécanismes interactifs des symboles. Le Frère se référera instinctivement au « mécanisme » le plus proche de son vécu et de sa sensibilité y puisant une aide pour appréhender de nouvelles données allégoriques et emblématiques afin de maîtriser au mieux la méthodologie maçonnique avançant pas à pas et  aussi, à certaines étapes de sa progression,  en dents de scie dans sa voie spirituelle.

Pistis, maître maçon.

[1] Raoul Berteaux < La voie symbolique <Lauzeray Intrnational, Paris 1978.