Les Deux Saint Jean

 À l’origine la Maçonnerie spéculative était exclusivement chrétienne. Aussi, les Francs-maçons réguliers continuent de célébrer la Saint-Jean d’Été (Jean le Baptiste[1]) et la Saint-Jean d’Hiver (l’Évangéliste). Ils se rattachent implicitement aux anciennes traditions des fêtes solsticiales. Notons que le symbolisme des solstices ne coïncide pas avec le caractère général des saisons. Le solstice d’hiver débute la phase ascendante du cycle annuel tandis que le solstice d’été en annonce la phase descendante. Ainsi, dans les Loges traditionnelles, les deux Jean expriment le principe que ce qui atteint son apogée ne peut que décroître et que ce qui est descendu à son périgée ne peut que croître.

À la Saint-Jean d’Hiver, la Loge est dédiée à l’Amour souvent symbolisé par la présence de branches de sapin sur l’autel car ses aiguilles ne tombent pas et conservent leur teinte verte. Ce vert des branches        de sapin rappelle aux Francs-maçons que la lumière ne meurt jamais en nous. Lors de cette réunion particulière on remémore aux Frères que le premier des devoirs consiste à conserver toujours en soi la flamme de l’Amour. Le second devoir étant de l’activer à tout moment pour qu’elle illumine notre temple intérieur.

Le rituel de la Saint-Jean d’Été a lieu généralement lors de la dernière assemblée du mois de juin qui suspend le travail en Loge jusqu’à la rentrée du mois de septembre. À cette occasion on met en évidence que grande est la joie de la création et que tout aussi grande est la joie de son achèvement. Cette fois, l’autel est généralement décoré de roses blanches emblèmes de la plénitude que nous offrent le silence et la pureté réunis. Ces roses représentent également deux vertus maçonniques : la recherche de la Vérité et l’acceptation du Devoir au sens noble de ce terme.

En conclusion du contenu de cet article, un Franc-maçon de tradition mais vous aussi lectrice, lecteur, pouvez faire vôtre cette citation du philosophe danois Sören Kierkegaard (1813-1855) « Quand on a un jour pénétré la réalité de l’amour, le monde -aussi imparfait soit-il- devient riche et beau car il consiste uniquement en opportunité d’aimer ».

Pistis, maître maçon.

 

[1] La Grande Loge de Londres et de Westminster ayant été fondée le 24 juin 1717, jour de Saint-Jean Baptiste, celui-ci est resté le patron des Maçons de Tradition.

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